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Expo à Paris

Peintres au fil de l’Oise à la fin du XIXe siècle

Trois municipalités ayant pour point commun d’être bordées par l’Oise et d’avoir abrité l’aventure du pré-impressionnisme se sont réunies pour mettre en valeur dans une exposition conjointe trois artistes majeurs de leurs collections : Jules Dupré (1811-1889) au musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq à L’Isle-Adam, Charles François Daubigny (1817-1878) au musée Daubigny à Auvers-sur-Oise et Camille Pissarro (1830 -1903) au musée Camille-Pissarro à Pontoise. Trois artistes qui ont attiré autour d’eux de nombreux amis ou élèves, tous animés par le désir de peindre en plein air les champs de blé, les coteaux boisés et la rivière aux reflets scintillants, faisant de la vallée de l’Oise un foyer artistique majeur.

Jules Dupré, tout comme ses amis Corot et Daubigny, a joué un rôle dans l’histoire de la peinture de paysage au XIXe siècle. Le musée d’art et d’histoire de l’Isle-Adam expose une belle sélection des œuvres de cet artiste issu d’une famille de porcelainiers de l’Isle-Adam, aux côtés d’artistes qui sont venus à la même époque peindre la ville et les bords de l’Oise, les jeux d’eau et du ciel. Notamment son frère Léon-Victor, Louis Renet-Tener (Le Bras et le pont du Cabouillet) mais surtout Théodore Rousseau que Dupré a initié à la peinture en plein air à Barbizon et qui est venu partager un atelier avec lui à l’Isle-Adam. Toutefois, si Jules Dupré trouve en se promenant les éléments caractéristiques de son iconographie personnelle (les grands arbres, les reflets de l’eau et les ciels d’aurore ou de crépuscule), c’est dans l’intimité de son atelier qu’il recrée de mémoire le spectacle de la nature, avec une touche vibrante et nerveuse, dans des ambiances romantiques, souvent crépusculaires, tel ce Pêcheur dont on ne perçoit qu’une tache blanche et son reflet dans l’eau, à l’ombre d’un grand arbre et sur fond de ciel immense balayé de nuages annonçant l’orage à venir. Une peinture de l’émotion à la touche libérée qui doit beaucoup à l’influence de John Constable découvert lors d’un voyage de Dupré en Angleterre

Non loin de là, Charles Daubigny, ami de Dupré, s’est installé à Auvers-sur-Oise où il est venu à plusieurs reprises peindre avec Corot, attirés tous deux par les bords de la rivière, les ruelles, l’église, la campagne environnante et les scènes pastorales. Grâce au train, aux tubes de peinture qui ont fait leur apparition, aux toiles et chevalets plus légers, les peintres ont gagné en liberté pour peindre sur le motif. Daubigny attire autour de lui de nombreux artistes qui profitent de son enseignement et de son hospitalité, comme Paul Jouanny (Vue de l’Oise au petit matin), Charles Beauverie ou la jeune Léonide Bourges accueillie sur le Botin, fameux bateau-atelier que Daubigny s’est fait construire pour être au plus près des éléments jusqu’à pouvoir ressentir l’odeur de l’eau, capter l’atmosphère qui s’alourdit, les nuages qui s’amoncellent, et traduire ce rôle essentiel de la lumière…Monet construira une réplique du Botin pour mieux observer les effets de lumière sur l’eau.

À la même époque, Camille Pissarro, pionnier de l’impressionnisme, découvre les charmes de Pontoise, petite capitale provinciale. De 1866 à 1883, il va y peindre plus de trois cent cinquante toiles et réaliser un grand nombre de dessins et gravures. En dépôt du musée d’Orsay, La brouette dans un verger, Le Valhermeil, est l’une des œuvres phares du musée. Pissarro, qui aime s’entourer d’amis pour travailler, invite Paul Cézanne, Armand Guillaumin, Ludovic Piette (Marché place du Petit Martroy, Pontoise) et Édouard Béliard (Pontoise vue de l’église) à partager tout à la fois les motifs à peindre et sa philosophie anarchiste. En 1874, il prend part à l’organisation de la première exposition du groupe impressionniste depuis Pontoise.

Une triple exposition qui se parcourt en une journée en suivant le fil de l’Oise.

Catherine Rigollet

Visuels : Jules Dupré, Le Pêcheur, entre 1860 et 1870. Pastel sur papier marouflé sur toile, 101 x 70 cm. L’Isle-Adam, musée Senlecq.
Charles Edouard Elmerich (1813-1889), Daubigny peignant dans sa barque, vers 1857-1860. Huile sur toile, 61,3 x 50 cm. Voiron, musée Mainssieux.
Léonide Bourges (1838-1909), Petite vue d’Auvers, non daté. Huile sur panneau, 41 x 31cm. Association Les Peintres d’Écouen.
Luis Jimenez y Aranda (1845-1928). Lavandière, quai du Pothuis, Pontoise, 1903-1905. Huile sur toile, 60 x 91 cm. Pontoise, Musée Camille Pissarro.
Photos : L’agora des arts.

Archives des expos à Paris
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Du 15 octobre au 5 février 2023
- Musée d’art et d’histoire Louis-Senlecq – L’Isle-Adam (95)
Du mercredi au dimanche, 14h-18h
Tarifs : 4,50€/3,50€
www.musee.ville-isle-adam.fr
- Musée Daubigny – Auvers-sur-Oise (95)
Du mardi au vendredi, 14h-17h30
Tarifs : 5€/2€
www.museedaubigny.com
- Musée Camille-Pissarro – Pontoise (95)
Du mercredi au dimanche, 10h-12h30 et 13h30-18h
Tarifs : 5€/4€
www.ville-pontoise.fr/le-musee-camille-pissarro