Le peintre et théoricien allemand Anton Raphael Mengs (Aussig 1728 – Rome 1779) joua un rôle important dans le retour du goût pour l’Antiquité classique, au fil du temps appelé néoclassicisme et qui, à l’époque, était considéré comme une « réinstallation des arts ». Il reçut sa première formation à Dresde et à Rome sous la discipline de son père, le peintre de cour Ismael Mengs (1687-1764), qui choisit les noms de son fils par admiration pour Antonio Allegri da Correggio (vers 1489-1534) et Raffaello Sanzio d’Urbino (1483-1520).
Ses débuts de peintre eurent lieu à la cour électorale de Saxe et à la cour pontificale de Rome, bénéficiant de la protection de figures telles que le cardinal Alessandro Albani, qui lui commanda la peinture du Parnasse, un véritable manifeste du néoclassicisme. En 1761, il entra au service de Charles III, restant jusqu’à la fin de sa vie sous le patronage du roi d’Espagne et des Indes, alternant sa présence à la cour de Madrid avec des séjours en Italie. L’approche classiciste de Mengs, partagée par son ami Johann Joachim Winckelmann, est fondée sur son admiration pour la beauté idéale, la pureté de l’Antiquité gréco-romaine et pour les œuvres de Raphaël, Corrège et Titien. Son héritage est particulièrement évident dans les œuvres de Jacques-Louis David et Antonio Canova.
Artiste très demandé dans diverses cours européennes pour ses portraits et ses décorations d’églises et de palais, Mengs est aussi l’auteur d’œuvres théoriques, publiées après sa mort, qui lui valurent la réputation de « peintre-philosophe ». Il transmit également son expérience à de jeunes talents, dont un certain Francisco Goya dont il vanta les mérites auprès de cour d’Espagne.
Cette exposition monographique organisée par Andrés Úbeda de los Cobos, responsable de la collection de peintures du XVIIIe siècle et de Goya du musée du Prado, et Javier Jordán de Urríes y de la Colina, conservateur de la peinture du XVIIIe siècle au Patrimonio Nacional, et organisée par le Museo Nacional del Prado avec le patronage exclusif de la Fundación BBV, offre un aperçu détaillé de sa production, de sa pensée théorique et de son héritage, en relation avec les grands maîtres du passé, notamment Raphaël qu’il chercha constamment à concurrencer. Organisé en dix thématiques, le parcours rassemble 159 œuvres, dont 64 peintures, 14 exemples d’arts décoratifs et 81 dessins, gravures et études sur papier.





