Martin Parr. « Complètement paresseux et étourdi » / Ed. Michel Lafon

Visuel livre

« Complètement paresseux et étourdi », avait écrit la professeure de français de Martin Parr sur son bulletin scolaire. Publiée trois mois à peine avant son décès le 6 décembre 2025 à l’âge de 73 ans, cette toute première autobiographie imagée de cet écolier distrait devenu l’un des photographes les plus iconoclastes de notre époque, raconte son parcours atypique, ses influences et les choix qui ont façonné son style unique, à la fois malicieux, acide, affectueux et profondément ancré dans le réel, sans se poser comme donneur de leçon.
C’est aussi le récit d’une époque en pleine mutation, un retour sur cinquante ans d’évolution sociale britannique, mais aussi de turpitudes contemporaines à l’échelle de la planète, de surconsommation, d’addiction technologique… C’est enfin l’histoire d’une révolution en images : du noir et blanc à la couleur, de l’argentique au numérique, du cliché à l’image iconique.

Pensé comme un dialogue entre photos et récits, l’ouvrage rassemble 150 photographies emblématiques, aussi banales qu’extraordinaires, accompagnées de textes coécrits par le photographe en complicité avec sa biographe Wendy Jones. Ensemble, ils tissent un portrait inattendu et haut en couleur, traversé d’humour, d’humanité et de cette irrévérence subtile qui a fait de Parr, une figure culte. Né le 23 mai 1952 à Epson, dans le comté de Surrey au sud de Londres, initié à la photographie par un grand-père passionné, Martin Parr raconte que c’est à l’âge de 14 ans qu’il trouve sa vocation : il serait photographe. « C’est ce que je ferai le reste de ma vie jusqu’à ce que je tombe raide mort !", précise-t-il. Depuis, après avoir étudié la photographie à l’école polytechnique de Manchester, il a pris des millions de photos. Captant l’absurde du quotidien avec son regard aiguisé, transformant l’ordinaire en une scène saisissante où l’excès, la saturation des couleurs et le détail incongru révèlent le burlesque du réel, partout dans le monde. Des plages bondées de Brighton aux grappes de touristes regardant la Joconde au travers de leur téléphone portable. Des garden-partys britanniques chapeautées et débordantes de gelée fluorescente aux champs de course de Dubaï, en passant par les salons des milliardaires moscovites. Un grand miroir tendu à la société moderne de la fin du XXe et du début du XXIe siècle. On ne s’en lasse pas.

Avec Wendy Jones
Traduit par Guillaume Tricot, Gaëlle Brazon
Ed. Michel Lafon
306 pages
19.2 x 25.5 cm
Parution 18 septembre 2025
39,95€

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