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Arts & Préhistoire. Sapiens, l’artiste

L’homme de Cro-Magnon était un artiste. Quatre-vingt-dix objets parmi les plus anciens laissés par Homo sapiens sont réunis au Trocadéro. Riches d’une diversité de formes et d’expressions insoupçonnée, ces créations préhistoriques originales complétées de centaines d’images numériques de peintures et gravures, montrant des œuvres d’art ancestrales venant de toutes les régions du monde, illustrent le pouvoir de l’imagination et de la créativité humaine depuis la nuit des temps.

C’est un simple morceau de calcaire qui accueille le visiteur, et pourtant, un trésor inestimable : un visage humain y a été gravé il y a 17 000 ans ! Il nous rappelle que derrière chaque trait dessiné au charbon sur une paroi, derrière chaque outil décoré ou chaque petite sculpture préhistorique, il y a le geste, l’imagination et souvent le talent d’un Homo sapiens d’un autre temps.
On sait désormais que cet art préhistorique (techniques et procédés) s’est transmis, s’est partagé au sein de groupes de personnes, reflet d’une culture et témoignage d’une vision du monde.
C’est l’un des attraits de cette exposition que de détailler les manières de faire, les matériaux et supports utilisés, les thèmes abordés depuis environ 40 000 ans, date d’apparition des premières parois ornées. On y comprend aussi que l’art de la Préhistoire continue d’être découvert, en France et sur tous les continents (un espace propose une immersion dans l’art pariétal et rupestre du monde entier), et « qu’il n’a jamais été aussi contemporain », comme le souligne Aurélie Clemente-Ruiz, nouvelle directrice du Musée de l’Homme.

Au-delà des incontournables fresques animalières de Lascaux et de Chauvet dont le grand potentiel de messages nous échappe encore et dont le mystère nourrit nos imaginaires, l’exposition est surtout un hommage à la femme tant de fois représentée, évoquée sous la forme parfois ultra minimaliste d’une simple rondeur et de deux traits formant un pubis. Ces sculptures féminines, connues sous le nom de « Vénus » sont les représentations humaines les plus emblématiques de l’art préhistorique. Symbole de fertilité ou amulette de fécondité ? Quoi qu’il en soit, ce sont des icônes, dont la plus célèbre est sans conteste la Vénus de Lespugue (vers – 27 000 ans), mise au jour il y a tout juste cent ans, en août 1922, dans la grotte des Rideaux en Haute-Garonne. Cette statuette d’à peine 15 cm, sculptée dans de l’ivoire de mammouth est une Joconde de l’art préhistorique. C’est aussi l’une des stars de cette exposition. Défiant totalement le réalisme anatomique, elle a alimenté de nombreux écrits, inspiré des artistes modernes et contemporains, de Picasso à Gabriel Sobin en passant par Louise Bourgeois et fascinera tout visiteur qui la contemple.

Catherine Rigollet

Visuels : Plaquette de la Marche, tête de profil. Calcaire, vers – 17 000 ans. Grotte de La Marche, Lussac-les-Châteaux, Vienne, France. Musée d’archéologie nationale, Domaine national de Saint-Germain-en-Laye. Photo : L’Agora des Arts.
Vénus de Laussel, dite Vénus à la corne. Calcaire, ocre. Vers – 29 000 / - 28 000 ans (Gravettien/ Paléolithique supérieur). Abri de Laussel, Marquay, Dordogne. Musée d’Aquitaine, ville de Bordeaux. Œuvre classé au titre des Monuments historiques le 13 juillet 1926. Photo L’Agora des Arts.
Vénus de Lespugue, ivoire de mammouth. Vers – 27 000 ans (Gravettien/ Paléolithique supérieur). Musée de l’Homme. Photo MNHN (détail) – E. Blanc.

Archives expo à Paris

Visuels de l'artiste
Infos pratiques

Du 16 novembre au 22 mai 2023
Musée de l’Homme
17, place du Trocadéro 75016
Tous les jours, sauf mardi, 11h-19h
Tarifs : 13€/10€
https://www.mnhn.fr/fr/exposition-evenement/arts-et-prehistoire