Depuis l’âge de 20 ans, Djamel Tatah, artiste d’origine algérienne, né en 1959 à Saint-Chamond dans la Loire et formé à l’école des Beaux-arts de Saint-Étienne, construit un univers de tragédie grecque, silencieux, habité de personnages identiques, tous vêtus de noir, le visage blanc sans trace d’émotion, le regard lointain ou baissé. Debout, marchant ou gisant, seuls ou regroupés mais visiblement solitaires, ils sont dans un temps suspendu, dans un espace sans décor et sans symbole, universel. Abstraits et figuratifs, les tableaux de l’artiste composent une chorégraphie des corps, parfois à taille humaine, dans des postures inusitées sur les bords et dans les coins de ses toiles mono ou bi-chrome, ou qui les fait voler comme Chagall.
La répétition et la variation des formes s’imposant comme une expérience dans la peinture. Les personnages qui semblent tous détachés du temps et des lieux, laissent assez de place sur la toile pour que nous y entrions, respectueux de leur histoire, de leur silence...de leur tragédie peut-être, comme le sous-entend l’artiste lorsqu’il dit : « J’essaie de peindre la présence, la solitude des êtres humains pris dans la tragédie » En savoir plus.
Le musée des Beaux-Arts et le musée national Magnin s’associent pour cette exposition dans laquelle Djamel Tatah dialogue aussi avec les collections anciennes des deux musées, poursuivant sa réflexion sur la peinture et nous invitant à réfléchir à la persistance des tragédies collectives qui se répètent sans fin : guerre, exil, solitude.
Catherine Rigollet




