Après dix-huit mois de rénovation, le musée de la Vie romantique a rouvert le 14 février 2026. Niché au cœur d’une cour-jardin, l’ancienne maison du peintre Ary Scheffer (1795-1858) qui l’abrite a retrouvé l’apparence qui était la sienne en 1830. Les volets verts amandes sont redevenus brun-beige, l’enduit de façade plus jaune. C’est moins gai, un peu italianisant, mais c’est voulu fidèle à l’image représentée sur un tableau conservé au Dordrechts Museum, aux Pays-Bas.
L’intérieur aussi a été rénové, l’accrochage des collections (qui totalisent 2 340 œuvres) a été recentré sur l’artiste et le mouvement artistique et littéraire auquel il appartenait illustrés par 300 œuvres. Dès l’entrée, on rencontre désormais l’ancien maître des lieux, Ary Scheffer, artiste français d’origine néerlandaise qui a puisé dans les œuvres littéraires pour peindre des sujets récurrents de l’iconographie romantique : jeune fille au regard mélancolique face à une mer agitée ou Méphistophélès venant séduire un Faust en pleine méditation...
Organisé autour de quatre grands thèmes du romantisme (la nature et le paysage, le sentiment, la littérature et le fantastique), le parcours fait ensuite revivre témoins et célébrités de cette époque de création artistique de la première moitié du XIXe siècle, en musique, littérature, théâtre, peinture. Dans une scénographie qui restitue l’atmosphère d’un intérieur de l’époque, on y croise Frédéric Chopin, Pauline Viardot, Lamartine, Eugène Delacroix, Pierre Delorme, Pierre-Joseph Redouté…et surtout George Sand, figure emblématique du mouvement romantique, dont l’imagination prolifique avait aussi le talent de produire des paysages aquarellés, selon une technique qu’elle nommait « dendrite », en référence aux formes arborescentes apparaissant naturellement sur certaines roches. Des œuvres libres et poétiques d’une grande finesse, peu connues, et que l’on découvre dans une pièce entièrement dédiée à l’autrice de La Mare au diable, de Consuelo et de plus de soixante-dix autres romans, sans compter les pièces de théâtre et textes divers. Un portrait d’elle par Auguste Charpentier (1838) et en vitrine quelques bijoux et souvenirs transmis par sa petite-fille Aurore Lauth-Sand donnent un peu de vie à son souvenir.
On prend plaisir à se plonger dans cette ambiance romantique restituée dans chaque pièce par l’Atelier Akiko dans l’esprit du décor conçu par Jacques Garcia dans les années 1980. Dommage que cette restauration qui a aussi permis d’améliorer l’accueil du public, l’espace boutique-librairie et le plaisant salon de thé avec sa terrasse sur jardin n’ait pas permis de renforcer l’accès handicapé. On sait que ce n’est jamais simple à réaliser dans l’habitat ancien. Mais si l’ancien atelier d’Ary Scheffer où sont présentées les expositions temporaires est équipé d’un ascenseur, le pavage de l’allée et de la cour et surtout les nombreux escaliers de la maison d’habitation qui regroupe les collections permanentes rendent l’accès difficilement accessible aux visiteurs dont la motricité est réduite.
Catherine Rigollet








