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Expo à Paris

Rosa Bonheur (1822-1899). Les animaux en majesté

À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Rosa Bonheur, le musée d’Orsay dédie une rétrospective à cette artiste à la personnalité bien trempée et à la vie hors normes, chantre de la vie animalière de nouveau à la mode.

Bœufs dans des scènes de labour d’une ruralité heureuse, puissants percherons au marché au bétail, chevaux sauvages en liberté, mais aussi moutons, chiens, chats, lapins, cerfs et même lions, on ne peut dénuer à Rosa Bonheur son amour des animaux, son plaisir à les peindre en majesté et avec une technique virtuose dans un réalisme proche de la photographie. Étudiés aux cours de ses voyages en France, du Nivernais aux Pyrénées, mais aussi en Écosse ou dans la ménagerie de sa propriété de By-Thomery (Seine-et-Marne), les animaux sont au cœur de son œuvre : des milliers de dessins et peintures, de la plus petite esquisse jusqu’au portrait monumental tel ce spectaculaire cerf, Roi de la forêt, de près de 2,50 m de haut, les yeux fixés sur le spectateur. Formée par l’étude de grands maîtres exposés au Louvre, le style réaliste de Rosa Bonheur -issue d’une famille d’artistes- se rapproche de l’inspiration de l’univers des peintres de Barbizon. Comme eux, elle a aussi croqué des études d’arbres et des paysages comme ce puissant fusain d’un Cavalier dans les Highlands, dit aussi Orage menaçant qui révèle une Rosa Bonheur paysagiste d’une grande vitalité et de plus de sensibilité que dans ses portraits très étudiés de la faune domestique ou sauvage.

Mais ce sont ses animaux qui ont fait de son vivant son succès des deux côtés de l’Atlantique. Célébrée, enchaînant les prix et les ventes, devenue riche à partir des années 1850 et partageant librement sa vie avec ses compagnes Nathalie Micas puis Anna Klumpke, Rosa Bonheur a su conquérir son indépendance d’artiste et de femme portant pantalon de velours dans un siècle très corseté. Une femme à la forte personnalité, mais vite ringardisée par les avant-gardes de l’art moderne, de l’impressionnisme puis surtout de l’art abstrait qui va éclipser la peinture figurative et surtout le naturalisme et l’art animalier. Rosa Bonheur oubliée revient aujourd’hui dans l’actualité, portée par le retour en grâce de la figuration, de l’influence du féminisme et de l’écologie.

Cette rétrospective de quelque 200 œuvres la remet en scène dans un parcours toutefois un peu trop sage et thématique (les bœufs, les chevaux, les cerfs, les chiens, les fauves, la troupe de Buffalo Bill…) qui finit par lasser et mettre en évidence une peinture un peu trop lisse.

Catherine Rigollet

Visuel : Rosa Bonheur (1822-1899), Labourage nivernais, dit aussi Le Sombrage, 1849, huile sur toile © Musée d’Orsay.
Rosa Bonheur, Le Roi de la forêt, 1878. Huile sur toile, 244,4 x 175 cm. Collection particulière.
George Achille-Fould, Rosa Bonheur dans son atelier, huile sur toile, 91 x 124 cm, Bordeaux, Musée des Beaux-Arts.
Photos vernissage presse ©L’Agora des Arts.

Archives des expos à Paris
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Du 18 octobre 2022 au 15 janvier 2023
Musée d’Orsay
Tous les jours sauf lundi
9h30-18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h45
Tarifs : 16€/13€
https://museeorsay.fr