Il y a 100 ans, en décembre 1926, disparaissait le peintre Claude Monet. Coup d’envoi de ce centenaire à Giverny, village normand où il a vécu les 43 dernières années de sa vie. Une exposition au musée des impressionnismes revient sur les premières années de l’artiste, de son arrivée en 1883 jusqu’en 1890, date de l’achat de sa maison au lieu-dit le « Pressoir » qu’il louait jusque-là. Pour la première fois de sa vie Monet est propriétaire de son jardin et peut l’aménager selon ses volontés.
Monet explore les environs de Giverny : prairies, meules de foin, rangées de peupliers, champs de coquelicots, bords de Seine à Vernon et à Port-Villez, collines et villages voisins, nuages…
Sa correspondance de 1883 témoigne de sa satisfaction, alternant avec des moments de découragement : « Je suis enchanté du pays » (le 7 mai à son marchand Durand-Ruel), « Je suis dans le ravissement, Giverny est un pays splendide pour moi » (le 20 mai à Duret), « je suis très content d’être ici, pays superbe » (en juin à Pissarro), mais « je sens que j’ai fait une sottise de me fixer si loin. J’en suis désespéré » (le 10 juin à Durand-Ruel).
Le petit parcours resserré (25 tableaux) montre comment Monet s’est approprié le paysage, cherchant à capter les variations de la lumière, les accords de couleurs, la fugacité d’une sensation, et les reflets sur l’eau, bien avant la création de son jardin d’eau et la naissance du cycle des Nymphéas, mais posant déjà les fondations de son œuvre future.
Catherine Rigollet






