Dans son atelier du sud de la France, Cézanne (l’artiste attaché à ses racines provençales ne mettait pas d’accent aigu sur son nom, mais la société Paul Cezanne laisse à chaque auteur le choix de la forme graphique qu’il veut privilégier) a mis son intuition magistrale au service d’un fascinant jeu de tensions entre couleur, lumière et forme, construisant ainsi des œuvres qui ont inspiré jusqu’à aujourd’hui des générations d’artistes. En 2017, c’est déjà en Suisse, à la fondation Pierre Gianadda à Martigny qu’une grande exposition mettait en lumière les innovations de la peinture du Maître d’Aix pour rendre au plus juste sa perception du motif et ses sensations, son talent de faire chanter ses paysages.
En 2026, c’est la Fondation Beyeler, près de Bâle, qui lui consacre une exposition monographique. Réunissant environ 80 peintures à l’huile et aquarelles, elle se concentre sur la dernière et la plus significative des périodes de création du peintre français, donnant à voir Cézanne au sommet de son art : portraits énigmatiques, scènes paradisiaques de baigneurs et de baigneuses, paysages provençaux viscéralement évocateurs, et enfin son motif privilégié, la montagne Sainte-Victoire, qu’il représente inlassablement selon des perspectives toujours nouvelles. Un artiste qui réinvente la peinture à chaque coup de pinceau, s’établissant ainsi comme « le père de l’art moderne » ou, comme le disait Pablo Picasso, « notre père à tous ». Pour Cézanne, il n’y avait qu’un seul maître : la nature.
C.R





