Pour l’artiste américaine Sheila Hicks (née en 1934) qui a étudié à l’université de Yale, notamment auprès de Josef Albers, figure du Bauhaus qui prônait l’abolissement des frontières entre art, artisanat et industrie, « le textile est un langage universel ».
Rappelant aussi que : « dans toutes les cultures du monde, le textile joue un rôle à la fois essentiel et crucial ». Fascinée par les cultures textiles ancestrales, en particulier par les techniques de tissage des civilisations précolombiennes, l’artiste de 92 ans, qui vit et travaille à Paris depuis 1964, s’inspire de leurs formes, de leurs matériaux et de leur sensualité pour construire des sculptures souples, des bas-reliefs avec des fils de toutes les couleurs, qui conjuguent la petite taille et le monumental. Des œuvres en laine, coton, soie, lin… qu’elle noue, plie, torsade, suspend et dans lesquels elle intègre parfois des matériaux variés (ardoises, coquilles, éléments textiles divers...).
Le Palais des Beaux-Arts de Lille a donné carte blanche à Sheila Hicks pour présenter un parcours d’œuvres au cœur des collections. Elle expose même dans le prestigieux atrium du musée une gigantesque guirlande de rubans multicolores ; une œuvre joyeuse conçue in situ pour dialoguer avec les volumes, la lumière et l’architecture des lieux, ainsi qu’avec l’histoire économique et industrielle de Lille, notamment dans les industries textiles et mécaniques.
C.R






