Adepte des paysages bucoliques et romantiques, ce grand peintre autrichien du XIXe siècle peu connu en France s’est aussi fait connaître pour ses portraits, scènes de genre et natures mortes, s’illustrant dans le genre naturaliste par une observation minutieuse du détail, quasi photographique.
Associé au mouvement Biedermeier, Ferdinand Georg Waldmüller (1793–1865) est un artiste audacieux qui s’oppose au système d’apprentissage rigide de l’Académie de Vienne. Il veut dit-il peindre « la nature qui nous entoure, notre temps, nos mœurs ».
Après une éducation académique, il décide de se former lui-même à la peinture de paysage, à une époque où dominent encore les grands sujets historiques et religieux. Il copie des paysages néerlandais du XVIIe siècle, en particulier ceux de Jacob van Ruisdael (1628/1629–1682) et Meindert Hobbema (1638–1709) et se tourne vers la peinture d’après nature comme celle observée lors d’un voyage à Paris dans les œuvres d’artistes tels que Camille Corot (1796–1875), John Constable (1776–1837) et Jean-François Millet (1814–1875). La nature cesse d’être un simple décor pour devenir le sujet. L’attention portée aux détails, la clarté photographique et le traitement égal des éléments du paysage par Waldmüller sont comparables au travail des artistes préraphaélites britanniques.
Cette exposition en collaboration avec le musée du Belvédère de Vienne, qui prête 13 œuvres, et avec d’autres emprunts de la Collection du Liechtenstein et du musée de Vienne se concentre sur ses paysages. Elle commence toutefois par son Autoportrait de 1828, car c’est l’un de ses premiers portraits situés dans un paysage, ici dans les bois de Vienne. L’exposition se poursuit avec ses peintures du Salzkammergut, une région alpine proche de Salzbourg, englobant arbres, vues sur les lacs et les montagnes, le tout rendu avec une clarté photographique, une lumière limpide, et un ciel bleu presque toujours vif et des couleurs intenses. Waldmüller voyage abondamment à travers l’Europe, avec une passion pour l’Italie.
L’exposition se concentre également sur des paysages de Sicile, peints lors de visites chaque automne de 1844 à 1846, témoignant de l’impact profond de la lumière, du paysage et des ruines classiques de l’île sur son œuvre. La dernière partie de l’exposition porte sur les œuvres ultérieures de Waldmüller peintes après ses voyages en Italie – où l’effet de l’extraordinaire lumière italienne sur lui continue de se faire sentir. L’exposition se termine par Early Spring in the Vienna Woods (1861) représentant un groupe d’enfants cueillant des violettes dans les bois de Vienne. Un tableau qui illustre son éloignement du pur paysage pour des panoramas incluant plusieurs personnages. Longtemps cantonné aux collections autrichiennes et à un cercle d’amateurs spécialisés, son œuvre a bénéficié, au cours des dernières décennies, de plusieurs grandes rétrospectives et cette exposition londonienne contribue à montrer Waldmüller comme un acteur à part entière de la modernité picturale du XIXe siècle.








