Avec près de 5 000 œuvres, l’artiste belge Spilliaert a créé une œuvre impressionnante entre 1898 et 1946 environ, en grande partie sur papier, évoluant à la croisée du symbolisme, de l’expressionnisme et même du surréalisme, en quête de spiritualité. Autodidacte (il n’a suivi que quelques mois les cours de l’académie de Bruges), Spilliaert crée un art littéraire, nourri de ses lectures : Nietzsche, Lautréamont, Poe, Maeterlinck ou encore le poète Verhaeren.
Soleil noir invite à découvrir l’œuvre mélancoliques de Léon Spilliaert (1881-1946), tout en réunissant une centaine d’œuvres d’artistes exclusivement belges, couvrant 130 ans de création artistique.
Peindre Ostende
La vie et l’œuvre de Spilliaert sont indissociables de sa ville natale, Ostende, sur les bords de la mer du Nord. C’est là qu’il a réalisé la majeure partie de son œuvre. Une œuvre sombre et grave, quels que soient les motifs : la mer, le port, des vues de la digue, des baigneurs ou des femmes de pêcheurs. Il quittera pourtant Ostende en 1917 pour s’installer à Bruxelles, sans quitter l’encre, son médium de prédilection avec laquelle il dessine et peint des figures solitaires, des nuits inquiétantes, des intérieurs glacés.
Le parcours se déploie au fil de thématiques telles que l’autoportrait (il en a réalisé une quarantaine avec toujours autant d’intensité et de sentiment d’inquiétude), le nu, la mélancolie, le paysage ou encore la mer du Nord. Un ensemble exceptionnel d’une trentaine d’œuvres de Léon Spilliaert dont le sublime La Courbe de la digue (1908) dialogue avec les créations de ses contemporains, parmi lesquels James Ensor, Constant Permeke, Edgar Tytgat, George Minne, Jenny Montigny, Jean Brusselmans, Henry Van de Velde… L’exposition met également en lumière l’influence profonde exercée par cette tradition artistique belge sur les générations suivantes, de Luc Tuymans à Thierry De Cordier, Hans Op de Beeck et Michaël Borremans.






