Un possible jardin. Hommage à Claude Monet

En 2026, toute la Normandie célèbre le centenaire de la disparition de Monet, y compris donc le « Festival Normandie Impressionniste » qui présente une édition spéciale sur le thème « Un possible jardin », sous la direction artistique de Philippe Platel. Une programmation 100 % art contemporain qui réunit 73 projets répartis dans 43 communes dont 31 expositions et une soixantaine d’artistes de tous horizons, de renommée nationale et internationale : Ai Wei Wei, Céleste Boursier-Mugenot, Fujiko Nakaya, Jacques Perconte, Julien des Monstiers, Lionel Sabatté, Mika Ninagawa, Noémie Goudal, Sarah Moon, Studio Drift, Jérémy Liron et bien d’autres...
Comme il est impossible de les citer tous, nous avons sélectionné pour vous :

-LE HAVRE. Noémie Goudal. The story of Fixity
Noémie Goudal (née en 1984), examine le potentiel de l’image dans son ensemble, à travers films, photographies et installations. Ses créations redéfinissent la notion de paysage dans notre société contemporaine. Au-delà d’une réflexion sur l’image, l’artiste développe surtout « une réflexion sur le paysage et comment celui-ci a été interprété différemment au fil des époques et des contextes, de l’Antiquité à l’ère industrielle, en passant par le Moyen-Âge ». Du 18 avril au 27 septembre 2026. Le Portique. Centre régional d’art contemporain. En savoir plus sur Noémie Goudal.

-LE HAVRE. Ai Weiwei. Water Lilies.
Ai Weiwei (né en 1957), artiste star et activiste, s’empare des Nymphéas de Monet avec ici deux installations de 650 000 pièces de LEGO® chacune. Cette installation, pour laquelle Ai Weiwei a utilisé une vingtaine de couleurs, présente une porte étrange qui transperce les nymphéas tel un trou noir, ouvrant sur le passé personnel d’Ai Weiwei et de son père exilé, le poète Ai Qing. Ces nymphéas sont avant tout un hommage à ce père poète qui avait étudié à Paris et était rentré en Chine profondément marqué par l’impressionnisme et la poésie française, avant d’être réduit au silence par le régime communiste. Du 5 juin au 27 septembre, Le Havre, MuMa – Musée d’art moderne André Malraux.

-VERNON. Lionel Sabatté. La mémoire de limon
Artiste de l’impur, du fragile et du résidu, Lionel Sabatté (né en 1975) s’est saisi de l’occasion du curetage du bassin aux nymphéas pour en récupérer le limon, le laisser sécher et s’en servir comme pigment révélateur d’images sérigraphiques réalisées d’après des photographies d’archives et d’actualité. Il propose une immersion organique dans le monde mémoriel et prospectif des jardins d’eau et de fleurs créés à Giverny par Monet. Du 16 mai au 23 décembre. Musée Blanche Hoschedé-Monet. En savoir plus sur Lionel Sabatté.

-HONFLEUR. Julien des Monstiers. Soleil rose, orange, rouge
150 ans après Claude Monet, qu’a-t-on à découvrir sur la beauté complexe du monde à Honfleur ? C’est la question posée par le programme de résidences lancé conjointement par le Festival Normandie Impressionniste et la Ferme Saint Siméon. Fondée il y a 200 ans par la veuve Toutain, cette auberge accueillait les jeunes artistes sans le sou, dont certains impressionnistes Monet, Courbet, Sisley, Corot ou Boudin y avaient leurs habitudes. Inaugurant ce programme de résidences, Julien des Monstiers (né en 1983) écorche sa peinture pour fouiller sous la surface des choses. La Ferme Saint Siméon est, elle aussi, faite de plusieurs couches historiques. Sous la surface de l’établissement (aujourd’hui luxueux hôtel-Spa), réside toujours celle des impressionnistes fauchés. Cette multitude de couches (histoire de l’art, industrie, succès touristique du village, et bien sûr le paysage unique de l’estuaire de la Seine) est au cœur des peintures réalisées par Julien des Monstiers pendant sa résidence. Elles sont réunies dans une exposition au musée Eugène Boudin. Du 29 mai au 31 août 2026.

-YVETOT. Jérémy Liron. Hortus Conclusus
Jérémy Liron (né en 1980) réalise depuis plus de 25 ans des tableaux de paysages : on y voit, ou on croit y découvrir des fenêtres, des lignes droites, des immeubles, des pins, des cactées, plutôt une lumière du sud, des murs et des jardins. Dans une quarantaine d’œuvres, des jardins y côtoient des enclos, où comment le mur s’envisage comme un jardin et où l’enclos ceint le monde. Du 6 juin au 31 août. Galerie Duchamp.

-SAINT-MARTIN-DE-BORSCHERVILLE. Ange Leccia. Aller et venir de lumière.
Pionnier de l’art vidéo en France, Ange Leccia propose dans les jardins de l’abbaye St-Georges et en intérieur un hommage contemporain à Claude Monet et à ses célèbres Nymphéas. Avec entre-autre dans la salle capitulaire, une version remontée de son installation vidéo (D’) après Monet. Du 30 mai au 30 septembre.

À VOIR AUSSI PARMI LES EXPOSITIONS HISTORIQUES :

-LE HAVRE. Monet au Havre
Au MuMa, l’exposition est dédiée aux années de formation de Monet. De 1845 à 1874, Le Havre apparaît comme un laboratoire où Monet forge son regard, s’adonne à la caricature, dessine sur le motif, peint ses premières œuvres majeures dont Vue prise à Rouelles (1858) ou La pointe de la Hève, Sainte‑Adresse (1864). Il y bénéficie de soutiens décisifs, familiaux et amicaux, parmi lesquels son futur maître, Eugène Boudin. Des rivages de la pointe de la Hève jusqu’au grand port industriel, Le Havre constitue pour lui une source de motifs inépuisable. Le parcours, thématique et chronologique, réunit près de 80 œuvres — peintures, dessins, photographies — offrant un éclairage inédit sur les origines de l’œuvre de Monet. Du 5 juin au 27 septembre 2026. Musée Malraux.

-ROUEN. Sous la pluie : peindre, vivre et rêver.
À travers la présentation de plus de 100 peintures, estampes et photographies, l’exposition met en lumière la fascination exercée par la pluie sur les artistes, du 19e siècle à nos jours. Du 11 avril au 20 septembre 2026. Musée des beaux-arts.

-DEAUVILLE. Claude Monet. Des jardins en héritage
L’exposition interroge la manière dont le jardin de Giverny — conçu par Monet comme une œuvre en soi — a nourri durablement les regards d’artistes du monde entier. Du 11 juillet au 1er novembre 2026. Les Franciscaines.

-GIVERNY. Avant les Nymphéas, Monet découvre Giverny (1883-1890).
Cette petite exposition en 25 tableaux revient sur les premières années de l’artiste, de son arrivée en 1883 jusqu’en 1890, date de l’achat de sa maison au lieu-dit le « Pressoir » qu’il louait jusque-là. Pour la première fois de sa vie Monet est propriétaire de son jardin et peut l’aménager selon ses volontés. Du 27 mars au 5 juillet 2026. En savoir plus.

Catherine Rigollet

Archives expo en France

Infos pratiques

Normandie Impressionniste 2026
Du 29 mai au 27 septembre 2026
Tout le programme sur :
https://www.normandie-impressionniste.fr/

Visuels :

 Noémie Goudal, Supra Strata, 2024, © Studio Noémie Goudal

 Ai Weiwei, Water Lilies (et détail) Courtesy of Ai Weiwei Studio

 Lionel Sabatté, Détail Nymphéas, 2026, 195×360 cm, Photographie révélée à la vase du bassin de Giverny et poussière d’atelier sur toile photographie de la collection Philippe Piguet) © studio LS.

 Lionel Sabatté, Dans le bassin, 2026 - Vase du bassin de Giverny et poussières d’atelier sur toile d’après une photographie de la collection Philippe Piguet, 150 x 200 cm © Gregory Copitet

 Julien des Monstiers, 2026

 Jérémy Liron, Sans titre (fenêtre Carmignac), J. Liron, 92×73 cm,
2021 © C. Chauvet

 Claude Monet, Jardin en fleurs, à Sainte Adresse, vers 1866, huile sur toile, 64,8×53,8 cm, Montpellier, Musée Fabre, dépôt du Musée d’Orsay, Paris, œuvre retrouvée en Allemagne après la seconde guerre mondiale et confiée à la garde des musées nationaux en 1950 © GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) /Hervé Lewandowski.